Critiques

Pauline

35

Auteur : Alexandre Dumas
Éditeur : Anne-Marie Collet- Bianco
Collection : Folio classique
Date de parution: 2004
Pages: 208
EAN-13: 978070412303

« Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n’est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d’ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N’ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre: tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d’une agonie lente et douloureuse. Dans l’un et l’autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. »

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe. C’est un livre qu’il a écrit seul, et qui se déroule de son temps. La fiction brode sur les thèmes du roman gothique, en « noir », nuit, cottage en ruine, sentes perdues, passages secrets, brigands impitoyables, héroïne enterrée vivante, substitution de cadavres.
Pauline fait face à un bourreau mystérieux, « homme fatal». C’est le roman d’une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.

Mon avis:

J’ai toujours adoré Dumas: c’est un auteur que je trouve très intéressant du point de vue du style d’écriture et de la légèreté des mots employés. C’est un artiste qui a toujours su me mettre en haleine avec un suspens hors norme. C’est pour cela que j’en attendais beaucoup de Pauline et je dois t’avouer que je n’ai absolument pas été déçue de ma lecture.
Dumas traite son sujet de manière assez originale en faisant le choix d’utiliser une double mise en abyme. Il y un effet miroir entre le discours du narrateur, Dumas, qui nous raconte le récit que lui confie son ami Alfred de Nerval, amoureux silencieux de Pauline. Certaines parties de ce récit sont encore mises en perspective de part l’intervention de Pauline qui parle également de ce qu’elle a vécu.

Je dois dire que j’ai vraiment adoré le personnage de Nerval et que j’ai beaucoup moins accroché pour celui de Pauline. Je m’explique: bien qu’il s’agisse ici d’un roman gothique et romantique et que je ne sois pas réellement fan de ces genres ci, la sensibilité et la dévotion de Nerval m’a touché. C’est un personnage complexe et torturé comme on les aime. Il accepte de tout quitter pour le bien de Pauline, sans songer aux conséquences. Il semble avoir trouvé un sens à sa vie et c’est un contraste qui me semble intéressant à souligner dans la mesure où c’est justement dans la perte de la vie de Pauline que Nerval retrouve une certaine vitalité. Au contraire, je trouve Pauline forte, fière et distante dans des situations où la fragilité aurait été plutôt de mise.
Leur duo est cependant très addictif. J’ai tourné les pages à un rythme fou sans m’en rendre compte pour savoir où allait mener cette relation et surtout jusqu’où irait la vengeance que Nerval nourrissait.
On est maintenu en haleine tout le long de ce petit roman. Dumas est incontestablement un maître du suspens et des intrigues.

C’est un roman que je recommande pour les fans du genre “noir” qui se dévore une fois commencé: ruines, tempêtes, meurtres, viols et empoisonnement sont au rendez vous. J’ai adoré ma lecture!

Ma note: ★★★★☆

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2 réflexions au sujet de « Pauline »

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