Critiques

Sa Majesté des clones

autresmondes012
Auteur : Jean-Pierre Hubert
Éditeur : Denis Guiot
Collection : Autres mondes
Parution : Avril 2002
Pages : 222
EAN-13 : 9 782740 413869
 Fuyant à bord d’une navette spatiale l’attaque brutale de leur station-école par les redoutables Arachnos (des extraterrestres ressemblant à de monstrueuses araignées), une vingtaine d’enfants terriens échouent sur une planète déserte, en bordure d’un lagon.
     Ces Robinsons de l’espace vont devoir apprendre à survivre dans un environnement hostile, mais surtout à faire face aux graves rivalités qui menacent leur groupe. D’autant plus qu’ils découvrent l’épave d’un vaisseau arachnos renfermant une mystérieuse machine capable de cloner toute matière vivante passant à sa portée…
Mon avis: 
Ayant beaucoup apprécié Sa Majesté des Mouches pour ses idées politiques et philosophiques, je me suis penchée sur sa réécriture: Sa Majesté des Clones. Je me demandais comment Hubert arriverait à mêler l’intrigue générale du roman avec un univers de Science-fiction. C’est donc curieuse et confiante que j’ai entamé ma lecture.
Que dire hormis le fait que j’ai littéralement dévoré le roman? C’est un bouquin qui se lit très vite, tout comme Sa Majesté des Mouches. Le livre commence par un prologue et se conclut par un épilogue qui permettent à l’auteur de placer son contexte de science-fiction. On a ainsi des éléments qui n’apparaissent pas dans Sa Majesté des Mouches puisque dans ce livre-ci l’histoire commence directement par le réveil de Ralph sur l’île et se conclut par l’arrivée des secours; on ne sait pas comment le crash aérien à eu lieu, ni ce qu’il se passe après le sauvetage des enfants. Sa Majesté des Clones ouvre donc son propos dans un cadre beaucoup plus large car en plus de l’aspect philosophique et politique que représente l’organisation de la survie d’un groupe d’enfants livrés à eux-même sur une île déserte, Hubert va plus loin en généralisant son propos à la galaxie entière. En effet, à travers la survie et les conflits des enfants, l’auteur traite également de la guerre entre les Humains et les Arachnos (ainsi que la fin de la guerre dans une autre mesure).
On retrouve dans le roman à peu près les mêmes personnages que dans Sa Majesté des Mouches à l’exception près qu’ici il y a trois filles. Les rapports entre les personnes sont sensiblement identiques dans les deux romans puisque les caractères sont inchangés: aussi Moélo représente la force brute et l’aspect d’une société basée sur la force tandis que Elie, pour sa part, est garant d’une société démocratique et libérale. Des éléments ici sont ajoutés par l’auteur tels que l’amour et les premiers désirs sexuels qui donnent de nouvelles dimensions au roman.
Contrairement à Sa Majesté des Mouches, je n’ai ici pas eu de coup de cœur pour un personnage en particulier. Tous les personnages sont très bien construits et il est impossible d’en détester un (oui oui, même Moélo) puisqu’ils sont tous des enfants et qu’ils n’ont pas, tout comme dans le roman originel, la conscience que ce qu’il se passe est la réalité: ils n’ont pas la maturité pour comprendre que lorsqu’ils blessent ou tuent un de leur camarade, ils tuent un être humain et sensible. Comme dit Ralph dans Sa Majesté des Mouches lorsque les secours arrivent: « ce n’est qu’un jeu ».
De plus, les enfants, à l’image de ce que tente de démontrer Hobbes dans Le Levianthan, réagissent comme tout être humain au final: à l’état de nature, l’homme semble mauvais et c’est la loi du plus fort qui régit la société « Homo homini lupus est ». Ainsi, les plus faibles tentent de s’organiser en une société et son prêts à aliéner une partie de leur liberté et donner tous les pouvoirs à un homme tout puissant qui assurera leur sécurité. On a l’image d’un régime totalitaire qui semble s’imposer à celle du régime démocratique.
En conclusion, la science-fiction se mêle très bien au thème principal qu’est la survie d’un groupe d’enfants coupé de la société. On reconnait Sa Majesté des Mouches à travers Sa Majesté des Clones même si l’avancement de l’histoire prend une toute autre tournure (nature hostile, matériaux et vaisseaux venant du monde civilisé, présence d’un autre enfant ennemi).
Il y a tellement de chose à dire sur ce roman… l’aspect politique, philosophique, la dimension morale que le roman comporte… Je t’invite donc à le lire car il s’agit d’un ouvrage très complet qui peut se lire, d’après moi, à partir de 9 ans et ce jusqu’à n’importe quel âge. Le style d’écriture est simple sans être simplet et ravira tout le monde.
Je le recommande a 100% : j’ai adoré ma lecture.
Ma note: ★★★★★
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